jeudi 8 octobre 2009

Festival de musique dans la vallée




Ce fut mon premier concert au Luxembourg! En me rapprochant d’Arlon (j’ai cru que le concert se déroulerait là-bas !), comme il faisait très beau, je me suis dit : " tiens, la semaine prochaine, j’irais bien au Luxembourg !" Mon idée s’est toutefois concrétisée plus rapidement que prévu. L’endroit était paisible et vraiment agréable!

Voici les musiciens qui ont pris part à ce concert :
Ingrid Procureur à la harpe, Daniel Rubenstein à l'alto, Étienne Boudreault au basson et Hiroko Masaki au soprano, avec qui j’ai joué pour la première fois.

Nous avons joué une sonate de Debussy pour flûte, alto et harpe, la lettre de jardinier de Tournier pour Soprano et harpe, un duo de Beethoven pour flûte et basson, Bachianas Brasileiras nr. 6 de Villa-Lobos pour flûte et basson. La musique japonaise a constitué le thème de la deuxième partie du concert.
Celui-ci a débuté par mon solo (très bref) de « nôkan », deux chansons japonaises interprétées par Hiroko Masaki et Ingrid Procureur, une oeuvre pour « shinobué » (flûte japonaise) qui a été écrite en notre honneur par David Loeb, un compositeur américain, « Haru no umi » de Miyagi Michio pour flûte traversière et harpe et le concert s’est achevé sur une mélodie folklorique, « Kokiriko » jouée par tous les musiciens présent ce jour-là !

Je n’ai presque pas cessé de jouer… Ce concert fut assez éprouvant pour moi.

Après le concert, on m'a annoncé qu'un des principaux journaux luxembourgeois publierait une critique de notre prestation.
Et voici la critique :


Le défi dans notre programme, c'était de changer à tout bout de champs d’instrument. Tous les flûtistes ont dû jouer divers instruments. Je parle ici de passer de la flûte piccolo à la flûte « normale » pour ensuite repasser à la flûte piccolo… Et de temps à autre à la flûte en sol. Certes, ce changement n’est absolument pas évident, mais il s’agit là d’une des techniques requises d’un flûtiste qui ne se perfectionne qu’avec l’expérience. :-)

Le Bachianas Brasileiras de Villa-Lobos est un morceau vraiment ardu. Je me demande bien pourquoi Villa-Lobos l'a rendu aussi difficile. Le morceau en ressort par contre embelli et ce qui est touchant ce sont avant tout les mélodies. Ces dernières dégagent une mélancolie bien perceptible, mais le morceau en lui-même est si compliqué qu'il n’est pas aisé de faire transparaître le côté mélancolique en concert. Quoi qu’il en soit, si ce morceau est bien joué, ce n’est que du bonheur. Il me semble que nous l’avons également joué il y a trois ans de cela. Cette fois-ci, je pense l’avoir mieux joué ; c’est ce que j’espère.

Mon morceau préféré reste la sonate de Debussy. À vrai dire, une oeuvre de Takemitsu possède la même formation : elle s'appelle "And then I knew that was a wind". Takemitsu fut en fait inspiré par cette sonate de Debussy lorsqu’il a écrit son œuvre. Le premier mouvement est particulièrement joli. Il est tellement délicat et sensible. Après avoir joué ce morceau, je me dis toujours que j’ai bien fais de devenir flûtiste et je n’éprouve aucun regret pour le travail que j’ai fourni durant toutes ces années. J’ai le sentiment que c’est grâce à tout ces efforts je parviens à jouer une musique d’une telle envergure!
On m’a cependant déjà expliqué qu’il était difficile pour le public de comprendre ce morceau de Debussy. Je crois que cette difficulté que le public peut éprouver ne réside pas dans le savoir musical, mais plutôt dans son extrême délicatesse, à l’instar de la musique de chambre, et dans son aspect technique. Il n'est dès lors pas facile pour nous de produire un « vrai beau moment ». La beauté est par sa nature périssable et fragile. C’est ainsi qu’à juste titre ce moment peut être défini de « beau ».

En dépit de toutes ces difficultés, notre devoir est, assurément, de vous faire part de ce « beau moment » grâce à notre musique. C’est aussi ce que nous nous efforçons de faire. :-)